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Je suis tombée

 

Il y a quelques années j’ai souffert d’anorexie et d’hyperphagie. 

Je n’allais vraiment pas bien. Je suis allée chercher de l’aide auprès d’ANEB, d’une nutritionniste et du CLSC de ma région. Apres 2 ans, j’étais enfin libéré de plusieurs années de tortures envers moi même.

Je m’en suis sortie avec un surplus de poids.  

Ce surplus de poids là a été critiqué et il l’est encore. J’ai entendu les pires commentaires blessants:

  • Tu devrais manger plus de salade.
  • Tu devrais réduire tes portions.
  • Tu as pris du poids.
  • Tu devrais moins manger.
  • Te souviens tu comment tu étais mince avant.
  • Tu prends vraiment pas soins de toi. 

J’arrivais à ignorer les commentaires (de marde). Je savais que je faisais qu’est-ce que je devais faire : je mangeais 3 repas par jour.

Et puis je suis tombée enceinte. Quelle aventure incroyable. J'avais une confiance aveugle envers mon corps qui fabriquait le petit humain qui allait devenir mon enfant. Mon corps était fort.

On dirait que quand tu es enceinte on se permet de faire des commentaires sur le poids. Comme si le corps de la femme devenait l'intérêt de tous :

  • C’est cool, t’as pas l’air trop grosse.
  • T’as pris combien de livres?
  • Tu devrais manger de la salade, t’es déjà assez grosse.
  • Il va falloir que tu fasses attention à ton poids, ça va devenir dangereux pour toi.

 Really? 

En 2020, on en était encore là. J’ai eu mal. Mais je continuais d’avancer en sachant que je faisais la bonne chose et que j’étais en santé. Mon bébé était en santé. 

Je crois que je n'arriverai jamais à comprendre que le poids d’une autre personne puisse déranger autant ta paix intérieure que tu as besoin d’en parler. Est-ce qu’on peut apprendre à s’aimer, tous et chacun comme on est? Est-ce qu'on peut passer par dessus l'apparence physique? J'imagine que j'en demande trop. 

Mars 2020, le covid est arrivé : mise à pied temporaire, du stress, grossesse difficile, opération difficile, césarienne, manque de support, confinement. 

Aujourd'hui, je me sens vide. Le post-partum m’a attrapé. Je ne me reconnais plus. Je suis anxieuse, je suis irritable, je pleure, je me fâche. J’ai dû consulter à nouveau pour essayer de sortir de ce nuage noir.

Cette semaine, je suis tombée. J’ai pleuré à ma psychologue parce que j’avais honte. J’ai craqué. C’était trop d’émotions en même temps que je n’arrivais plus à gérer. J’ai mangé mes emotions et j’en ai honte comme jamais. Plusieurs années de travail et je réalise que je serai toujours fragile. 

 J’ai encore du travail à faire. Beaucoup plus que je pensais.

Aujourd’hui, j’ai envie de prendre la main de la petite fille brisée en dedans de moi et de lui dire que je l’aime et que ça va aller. On va essayer de recoller les morceaux brisés. On est forte, ça va aller.

On va marcher ensemble dans la tempête. 

 

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Si toi ou quelqu'un que tu connais a besoin d'aide, voici des ressources :

ANEB : 1 800 630-0907 (www.anebquebec.com)

1 866-APPELLE : 277-3553 (www.besoinaide.ca)

 

 

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